Reflex – Maud Mayeras

Après avoir lu Hématome il y a quelques années, j’ai voulu découvrir d’autres de ses romans. Et si le premier m’a clairement chamboulé celui-ci m’a juste totalement retourné le cerveau sur la fin. Si je devais décrire ce livre en trois mots ? Oppressant, intriguant et surprenant.


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Editions Pocket 

Prix : 7€80

475 pages 

Genre : thriller

 

 


Résumé :

Iris Baudry est photographe de l’identité judiciaire. Disponible nuit et jour, elle est appelée sur des scènes de crime pour immortaliser les corps martyrisés des victimes. Iris est discrète, obsessionnelle, déterminée. Elle shoote en rafales des cadavres pour oublier celui de son fils, sauvagement assassiné onze ans auparavant. Mais une nouvelle affaire va la ramener au coeur de son cauchemar : dans cette ville maudite où son fils a disparu, là où son croque-mitaine de mère garde quelques hideux secrets enfouis dans sa démence, là ou sévit un tueur en série dont la façon d’écorcher ses victimes en rappelle une autre. La canicule assèche la ville, détrempe les corps et échauffe les esprits, les monstres se révèlent et le brasier qu’Iris croyait éteint va s’enflammer à nouveau dans l’objectif de son reflex.


Mon avis :

L’histoire se déroule donc en deux temps. Le premier où l’on suit Iris, travaillant comme photographe à l’identité judiciaire et bègue depuis son enfance. Une femme ayant subi un des pires traumatismes qu’il puisse exister, la perte de son enfant il y a 11 ans. 

Le deuxième temps, c’est l’histoire d’une famille que l’on suit à partir des années 1920, que la vie n’a pas toujours épargnée, obligeant à faire des choix. Je ne m’épancherai pas plus sur cette deuxième partie de peur de trop en dire mais sachez qu’elle est prenante et que j’avais hâte de me replonger dans l’histoire de cette famille malgré le côté un peu glauque. En même temps, je pense que c’est ce qui m’attire dans les thrillers et policiers… plus c’est glauque, plus j’aime ça haha.

Revenons-en au présent et à Iris. Tout commence lorsque cette dernière est appelée pour photographier une scène de crime. Celle-ci lui rappelle des similitudes avec celle de son fils assassiné il y a maintenant 11 ans. Surtout que le meurtre a eu lieu là où elle et son fils ont vécu. Elle se retrouve donc confrontée aux démons de son passé et notamment à sa mère qu’elle a fuie. Autant dire que leur entente est loin d’être au beau fixe, entretenant une relation plus que conflictuelle. Iris ne l’a pas vu depuis des années et c’est une de ses anciennes connaissances qui lui apprend que sa mère a fini interné à Bellevue, un ancien couvent reconverti en centre psychiatrique.

« Je n’aime pas les voix des fous. Elles frôlent votre peau, elles sont crasseuses. Et tout le savon du monde ne vous en débarrasse pas. « 

Le passé d’Iris revient en force et celle-ci nous raconte ses souvenirs avec sa mère, son père mais aussi son fils. Je dis raconter car le récit est à la première personne donnant l’impression que le personnage s’adresse à nous et nous imprègne de son histoire. De plus, chaque début de chapitre la concernant commence par un « j’aime/j’aime pas », ce qui, d’une certaine façon, nous lie un peu plus au personnage. On suit donc Iris avec toutes ses réflexions sans pour autant qu’il y ait de meurtres. Une des choses que l’on apprend c’est que son fils n’est pas le seul à avoir disparu ces dernières années. 

Ce manque d’action n’est pas gênant, d’autant que les chapitres courts aident à passer ce manque, en ne nous laissant que peu de temps pour nous poser.

En effet, ce qui fait que l’on a du mal à se détacher du livre et de l’histoire c’est l’ambiance. Bon sang ce qu’elle est oppressante ! Tout d’abord parce qu’à aucun moment on sait où tout se déroule. Le seul nom que l’on a c’est le centre psychiatrique de Bellevue. Ça m’a donné une sensation de perdition comme si j’avais besoin de savoir où l’action se déroulait pour pouvoir me raccrochait à quelque chose.

Deuxièmement, le temps. Une chaleur étouffante, toujours cette sensation accablante d’étouffer dans cette ville, donnant encore plus le sentiment d’oppression et développant un sentiment d’insécurité.

Et troisièmement, c’est cette impression d’avoir toujours à faire aux mêmes personnes. J’ai eu cette sensation d’évoluer dans un cercle restreint où deci-delà, on accueille d’anciennes connaissances qui vont et viennent rapidement. 

Tous ces éléments réunis a fait grimper en moi cette impression d’être à l’étroit et d’angoisse. En effet, plus on s’approche de la vérité, plus on a l’impression que l’étau se resserre sur nous.

« Je n’aime pas le silence, il appelle les mauvaises pensées. » 

Ce n’est pas tout le monde qui arrive à me faire ressentir ça et pour Maud Mayeras, ça ne loupe jamais. C’est pour cette raison que je ne peux qu’apprécier sa plume et ce qu’elle arrive à susciter en nous. 

Et je ne vous parle même pas de la fin. Alors que je pensais être tranquille et en avoir assez bavé avec cette atmosphère et le dénouement, voilà que BIM! je me prends une claque sans l’avoir vu venir. Autant j’avais deviné certaines choses auparavant autant là… je me suis dit « non ce n’est pas possible. ». Une fin que je n’ai clairement pas vu venir et qui a fini d’achever mon petit cœur déjà mis à rude épreuve. 

En bref, foncez, savourez, ne cherchez pas à comprendre mais juste à vous lancer dans l’histoire d’Iris et de cette famille de 1920. Pas sûre que vous en sortiez indemne. A ceux qui aime ressentir ce sentiment d’oppression, d’angoisse, qui ne sont pas après l’action à tout prix. 

« Je n’aime pas les surprises, votre quotidien rôdé qu’on décide de sortir des rails. Ce que l’on n’attend pas n’arrive jamais au bon moment. » 
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