Dans les brumes du mal – René Manzor

J’avais lu il y a quelques années Celui dont le nom n’est plus et j’en étais ressortie toute chamboulée et bluffé tant René Manzor avait réussi à me retourner le cerveau jusqu’à la toute fin. J’espérais donc qu’avec ce thriller j’aurais à peu de choses près les mêmes sensations. Et c’est un pari réussi encore une fois. Même si j’ai une préférence pour le premier, Dans les brumes du mal m’a emporté, transporté à Charleston, là où se produise les meurtres et enlèvements et où les secrets se lèvent petit à petit.


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Editions Pocket

Genre : Thriller

 

 

 


Résumé :

La mère de Tom est morte. Et Tom a disparu.
Tom, mais aussi John, Michael et Lily. À chaque fois, un enfant est enlevé et sa mère assassinée.
Dahlia Rhymes, agent du FBI spécialisée dans les crimes rituels, s’invite dans l’enquête. Bien que Tom soit son neveu, elle ne l’a jamais vu car elle a rompu toute relation avec sa famille depuis vingt ans. Il aura fallu ce drame pour la ramener vers les brumes inquiétantes de sa Caroline du Sud natale.
En retrouvant les marais et les chênes séculaires, Dahlia retrouve aussi Nathan Miller, un ancien gamin des rues devenu un des meilleurs flics de Charleston. Ensemble, ils se lancent à la recherche des enfants perdus, sans autre indice que le fragile témoignage d’un jeune voisin : pour lui, Tom a été la victime d’une malédiction vaudou, car il a vu rôder autour de sa maison un shadduh, une ombre.
Une ombre qui a peut-être englouti les enfants à jamais.

Mon avis :

On suit tout d’abord Nathan Miller, un flic noir de Charleston en Caroline du Sud, qui a su faire sa place au sein d’une ville où les personnes sont comme qui dirait légèrement racistes autant avec les noirs qu’avec les gens extérieurs à leur ville. Nathan a un passé difficile, passant d’un gamin des rues au meilleur des policiers de la ville. Il se retrouve à enquêter sur les disparitions des enfants et les meurtres des mères, après que Tom, un autre enfant se soit fait enlever. Mais il ne s’attend pas à recroiser la route de Dahlia Rhymes, agent du FBI, qui va intervenir dans cette affaire pour tenter de sauver son neveu qui n’est autre que Tom.

Dahlia est une personne avec un passé difficile, qui a également connu les galères et la rue, c’est d’ailleurs là qu’elle a rencontré Nathan, avant de devenir agent du FBI spécialisée dans les crimes rituels. Ensemble ils vont tout faire pour retrouver Tom, mais également comprendre le sens de ces mises en scènes vaudous sur les lieux du crime. Ils ne sauront pas au bout de leurs surprises et Dahlia va devoir confronter à son passé qu’elle a fui en quittant Charleston plus jeune. Et quel passé! C’est poignant, l’auteur ne nous épargne pas et on comprend mieux certains comportements avec son entourage proche et en même temps j’ai ressenti une certaine colère à l’égard de ces gens qui ont fait parti de son passé et qu’elle retrouve des années plus tard. 

« Replonger dans le passé, c’est accepté d’être contaminé par lui. » 

Mais c’est surtout une course contre la montre qui les attend, entre sauver Tom mais également arrêter les meurtres qui sévit dans la ville. Parce que oui, des meurtres il va continuer à y en avoir et vous serez même aux premières loges à certains moments.

Ce que je peux dire, c’est qu’on sent la patte du scénariste dans ses livres. A l’instar de Le cri de Nicolas Beuglet, j’ai vraiment eu l’impression d’être présente dans cette ville, dans ces rues où l’on retrouve autant d’adultes que d’enfants. L’auteur a réussi à me toucher plus d’une fois mais surtout à faire bourlinguer mon imagination puissance 1000. Avec ses descriptions courtes mais efficace je n’ai vraiment eu aucun mal à imaginer certaines scènes, notamment celles des scènes de crime, mais également celles où une pointe d’appréhension s’insinue doucement jusqu’à ce que tu te sentes obligé de tourner les pages pour savoir ce qu’il va se passer par la suite. 

Les descriptions, qu’elles soient des paysages ou des personnages, sont vraiment aboutis. Pour ma part, je n’avais pas besoin de plus. D’un parce que je ne suis pas fan des descriptions à rallonge sur trois pages qui m’ennuie plus qu’autre chose et de deux parce que j’apprenais l’essentiel sur les personnages. Je n’ai pas eu envie d’en savoir plus, ou du moins, les questions que je me posais, trouvait leurs réponses un peu plus tard. Et l’auteur a su inculquer un rythme au livre, de sorte qu’il n’y a pas réellement de temps mort et le peu de répit qu’il y a, c’est pour repartir de plus belle et plus loin encore. Et quand je dis plus loin… je dirais qu’on est pas forcément tout le temps épargné. Il y a quelques p’tits turn-overs qui redonne un souffle à l’enquête, à l’histoire qui m’a rendu toujours un peu plus accro.

Les personnages que l’on rencontre au fur et à mesure ont tous un rôle à jouer, notamment Jimmy, un gamin des rues, dont je ne m’étendrais pas dessus pour éviter de trop en dire. Mais ce que je peux en dire, c’est qu’il vous bluffera par sa personnalité et que moi, je me suis vite attachée à lui, notamment parce que j’ai adoré la relation qui s’instaure entre lui et Nathan. 

Et puis l’histoire en elle-même. Elle est terrible… terrible car c’est malheureusement une réalité de tous les jours qui nous entoure. J’ai trouvé que pour la gravité du sujet (selon moi, toujours hein), on ne part pas dans le mélo dramatique. C’est ni trop ni pas assez. Forcément, l’empathie est stimulée à fond pour le coup et c’est ce qui fait aussi que j’ai eu du mal à m’arrêter dans ce thriller parce que je voulais savoir ce qui allait se passer et comment aller se finir toute cette histoire. Même si je me suis doutée assez vite du comment du pourquoi, ça ne m’a pas gâché le plaisir de lire et surtout, René Manzor a, une fois encore, réussi à me faire douter jusqu’aux dernières pages. J’étais p’tet sûre de moi mais j’ai quand même eu un léger doute à un certain moment haha. 

J’ai apprécié également le côté ésotérique du thriller. Ca apporte un petit plus, tout comme dans Celui dont le nom n’est plus. Et c’est une autre croyance que je ne côtoie pas souvent dans d’autres livres. Ca apporte un peu de renouveau et on sent que l’auteur maîtrise son sujet. Après je ne suis pas une experte dans ce domaine loin de là, mais en tout cas l’auteur a su m’intéresser et me donner envie de toujours en savoir plus sur les différentes significations des symboles que l’on peut retrouver sur les scènes de crimes.

En bref, un thriller haletant qu’il vous sera difficile de lâcher, avec des rebondissements qui vous donne de toujours en savoir plus. Des personnages hauts en couleur, pour qui l’on se prend d’affection. Un thème difficile mais intéressant, un côté ésotérique qui donne un gros plus à l’histoire. Et surtout une fin qui vous donnera de découvrir et/ou de suivre cet auteur dans chacun de ses nouveaux livres.

« Perversité, sadisme, séquestration et manipulation mentale s’étaient penchés sur son berceau. […] Aussi indélébiles que des marques de naissance. Aussi rancunières que des malédictions. » 

 

2 réflexions sur “Dans les brumes du mal – René Manzor

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