L’affaire Léon Sadorski – Romain Slocombe

J’adore l’Histoire et en particulier ce qui concerne la Seconde Guerre Mondiale. Et lorsque l’intrigue d’un livre se déroule durant cette période, j’ai tendance à foncer les yeux fermés. C’est évidemment ce qu’il s’est passé avec L’affaire Léon Sadorski de Romain Slocombe. D’autant qu’avec un résumé pareil je ne pouvais que succomber. Et pourtant… même si j’ai apprécié l’histoire en tant que telle j’ai été refroidi par l’intrigue qui s’apparente plus pour moi à un roman d’espionnage qu’à un polar bien noir, bien dur.


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Editions Points / Robert Laffont

Genre : Polar

 

 

 

 

 

 

 

 


Résumé :

Le pire des salauds, le meilleur des enquêteurs.
Avril 1942. Au sortir d’un hiver rigoureux, Paris prend des airs de fête malgré les tracas de l’Occupation. Pétainiste et antisémite, l’inspecteur Léon Sadorski est un flic modèle doublé d’un mari attentionné. Il fait très correctement son travail à la 3e section des Renseignements généraux, contrôle et arrête les Juifs pour les expédier à Drancy. De temps en temps, il lui arrive de donner un coup de main aux Brigades spéciales, d’intervenir contre les  » terroristes « .
Mais Sadorski est brusquement arrêté par la Gestapo et transféré à Berlin, où on le jette en prison. Le but des Allemands est d’en faire leur informateur au sein de la préfecture de police… De retour à Paris, il reçoit l’ordre de retrouver son ancienne maîtresse, Thérèse Gerst, mystérieuse agent double que la Gestapo soupçonne d’appartenir à un réseau antinazi.


« Sadorski erre seul dans les ruines jusqu’à l’aube […]. Peut-être a-t-il tué des innocents cette nuit-là. Peut-être a-t-il violé, égorgé des femmes… Peut-être s’est-il transformé en un monstre assoiffé de sang. Il n’en sait rien, ne le saura jamais. »


Mon avis :

Que l’on soit bien d’accord, je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé. c’est une lecture que je savais être dure. En effet, on ne peut pas écrire du point de vue d’un inspecteur sous l’Occupation approuvant ce qu’il se passe, en mettant des paillettes à chaque phrase. C’est brut, c’est imagé à tel point que j’ai encore mal partout de tant de tortures. C’est un tas de sentiments négatifs qui m’a pris dans ce livre entre dégoût, révulsion, terreur et stupeur. Encore une fois, ce livre raconte la vie sous l’Occupation en 1942 mais surtout l’organisation des polices françaises et allemandes et comment elles faisaient régner l’ordre. Et c’est parfois choquants de lire les méthodes utilisées mais surtout le plaisir que prenne ces personnes au service de l’Ordre, de l’Etat français.

Paradoxalement j’ai adoré toute cette partie car cela fait partie de notre Histoire et j’ai eu cette impression que l’auteur ne fait que relater des faits. D’ailleurs la bibliographie de ses recherches montre bien son investissement et d’essayer de retranscrire de la manière la plus neutre possible ce qu’il s’est passé sous l’Occupation.

C’est d’ailleurs en grande majorité pour cela que je suis restée jusqu’au bout. En effet, l’intrigue en elle-même ne m’a pas séduite plus que cela. J’ai eu la sensation d’être dans un roman d’espionnage agrémenté de quelques interrogatoires bien cognés. Ca ne concerne sûrement que moi mais j’ai eu du mal à suivre le fil de l’enquête car cela partait un peu dans tous les sens, avec des retours en arrière pas forcément très clairs pour moi.

Du coup quand est arrivé le dénouement je n’ai pas vraiment su comment on en était arrivés là. Ca m’a légèrement perturbé d’autant que la résolution de l’enquête est assez vite bouclé pour passer à autre chose. Sachant que la première partie est principalement consacré à la connaissance de Léon Sadorski et sa collaboration avec les allemands, et que ce n’est qu’une centaine de pages plus tard que l’enquête démarre.

C’est frustrant pour moi qui aime quand on entre dans le vif du sujet mais la partie historique, relation entre les allemands et les agissements de la police française ont réussi à prendre le pas sur cette frustration. C’est un livre qui est déjà dense par le sujet traité et le nombre de pages et j’ai donc eu la sensation que l’auteur voulait mettre en avant un maximum de choses concernant cette époque plus que l’enquête elle-même. Pour ma part, il s’est centré sur l’inspecteur Sadorski et ses états d’âme (ou son manque, à vous de voir) et tout ce qu’impliquait la vie sous l’Occupation, le bon comme le moins bon (même très très mauvais d’ailleurs).

En bref,

Malgré les « reproches » évoqués sur l’intrigue, j’ai passé un bon moment en compagnie de Léon Sadorski (façon de parler on est d’accord hein). C’est brut, vulgaire, choquant mais le contexte y est pour beaucoup. Avec toutes les recherches effectuées, Romain Slocombe a su retranscrire l’ambiance sous l’Occupation en France. Le bon comme le mauvais. Un livre à lire pour ceux qui s’intéressent à cette période de l’Histoire.

« Les hommes retournent à létat sauvage, les lois, l’ordre ont disparu. Le monde s’est écroulé sous les décombres, l’humanité se consume dans les flammes de l’apocalypse. »

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3 réflexions sur “L’affaire Léon Sadorski – Romain Slocombe

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