L’empathie – Antoine Renand

L’empathie c’est « percevoir avec justesse le cadre de référence interne de son interlocuteur ainsi que les raisonnements et émotions qui en résultent… c’est-à-dire capter la souffrance ou le plaisir tels qu’ils sont vécus par l’interlocuteur, en percevoir les causes de la même façon que lui. » – Carl Rogers (psychologue)

Voilà un livre que l’on encense avant et depuis sa sortie. Une phrase d’accroche et des avis dithyrambiques m’ont vite convaincue de me le procurer. Et plus que l’intrigue, ce sont les thèmes abordés et les personnages qui m’ont complètement séduite. Avec l’empathie préparez-vous à passer un incroyable moment de lecture. Oui rien que ça.


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Editions Robert Laffont La bête noire
Genre : thriller


Résumé :

Vous ne dormirez plus jamais la fenêtre ouverte.  » Il resta plus d’une heure debout, immobile, face au lit du couple. Il toisait la jeune femme qui dormait nue, sa hanche découverte. Puis il examina l’homme à ses côtés. Sa grande idée lui vint ici, comme une évidence ; comme les pièces d’un puzzle qu’il avait sous les yeux depuis des années et qu’il parvenait enfi n à assembler. On en parlerait. Une apothéose.  » Cet homme, c’est Alpha. Un bloc de haine incandescent qui peu à peu découvre le sens de sa vie : violer et torturer, selon un mode opératoire inédit. Face à lui, Anthony Rauch et Marion Mesny, capitaines au sein du 2e district de police judiciaire, la  » brigade du viol « . Dans un Paris transformé en terrain de chasse, ces trois guerriers détruits par leur passé se guettent et se poursuivent. Aucun ne sortira vraiment vainqueur, car pour gagner il faudrait rouvrir ses plaies et livrer ses secrets.


Premier point positif de ce livre ce sont les chapitres courts donnant un rythme dès le départ à l’histoire. Et en plus ça commence sur les chapeaux de roues, mettant le lecteur dans l’intrigue quasi immédiatement. De plus, on fait connaissance avec nos personnages principaux dès les premières pages.

En effet, l’auteur a choisi de mettre en scène Anthony et Marion capitaines à La brigade des viols, dans une affaire assez glauque. En même vous me direz à La brigade des viols, des choses plaisantes il ne doit pas y en avoir des masses. C’est une affaire qui va également faire intervenir Louisa, avocate célèbre mais surtout mère d’Anthony. Voilà, en moins de 50 pages l’auteur nous a introduit ses protagonistes et nous sommes désormais prêts à passer à l’intrigue principal.

Et là vient mon deuxième point positif. J’ai été vite embarquée dans l’histoire car niveau ressenti, sensations, la barre est placé bien haute. Ressenti produit par le fait qu’on entre dans la tête du voyeur le plus malsain au monde. On le suit pendant ses traques, amenant un sentiment de malaise, de dégoût, le mot est faible, par rapport à ce qu’il entreprend et fait subir à ses victimes. Ah pour le coup on entre en empathie totale! Mais ressenti aussi envers certains de nos protagonistes au passé bien lourd, tortueux… Parce que le viol ne concerne pas seulement les victimes de La Brigade des Viols et que c’est abordé de façon à ne pas trop heurter les cœurs sensibles.

« Elle se mit à craindre les hommes, elle qui ne les avait jamais fuis. »

Et pourtant, j’oserais dire que ce n’est pas réellement ça l’intrigue principale… Quoi ? Comment ? On nous aurait menti ?

Bien sûr que non! Mais au ressortir de ma lecture, pour moi, et je dis bien pour moi, ce sont nos personnages principaux à savoir Anthony, Marion, Louisa et Le lézard qui sont au cœur de l’intrigue. Mais pas une intrigue où il faut résoudre une enquête policière pour avoir le fin mot de l’histoire. Ici, l’affaire est un prétexte, même si on a connu prétexte plus joyeux, pour comprendre leurs choix, leurs personnalité et ce qu’ils sont devenus à ce jour.

On a ainsi droit à des retours dans le passé, qui nous explique, qui nous dévoile une facette de nos protagonistes. Un aspect positif ou négatif d’ailleurs. Ici aucun point vue manichéen, chacun compose avec ses forces et ses faiblesses.

Et c’est ce qui fait la réussite du livre pour ma part.

De plus, L’empathie se lit comme il pourrait se voir en film. A savoir que l’on commence à mettre nos personnages en scène, pour ensuite dévoiler l’intrigue principale qui sera le moteur, le fil rouge pour comprendre, entendre ces personnages et leur histoire. Et à travers ce fil rouge, on construit d’autres ramifications permettant une meilleure compréhension de l’histoire et qui de temps à autre voire souvent ont meurtri mon cœur de lectrice.

Et lire un livre et le visualiser de bout en bout me provoquant certains malaises, et bien je considère que c’est un excellent livre et je pèse mes mots.

Pour moi, l’intrigue a réellement pour rôle, autre que de bien s’enfermer à double tour chez soi, de déclencheurs, de révélateurs sur des vérités enfouies depuis bien trop longtemps. Et des révélations on en a ! De ce côté-ci on est servi et on a de quoi composer. Mais surtout on entre en empathie avec nos protagonistes parce qu’ils sont comme vous et moi, qu’ils ont un passé plus ou moins facile, qu’ils sont parfois malmenés… et qu’en fin de compte c’est un peu nous, lecteurs, qui sommes également malmenés…

D’autant que ce n’est pas une intrigue, une enquête qui se résout en 200 pages et boujoux. Ca s’étend sur quelques semaines, je dirais même quelques années permettant ainsi de suivre l’évolution de tout ce petit monde. Alors oui il y a du rythme parce qu’on a des chapitres courts, une alternance de points de vue. Mais il ne faut pas s’attendre à une résolution rapide avec des indices qui tombent toutes les dix pages.

Quand arrive le dénouement bah l’attente en valait clairement la chandelle. Tout le flot d’émotions contenus se déversent et offrent une fin royale. Rien que ça! J’ai envie de dire que c’est le combat final entre Batman et Le joker, entre Spider-man et Le bouffon vert… tous ces ennemis légendaires.

C’est une fin qui termine une composition maitrisée de bout en bout.

En bref,

Pour un premier thriller, Antoine Renand nous offre une intrigue de première qualité. L’intrigue pour fil rouge où gravite nos protagonistes, nous permettant de mieux les cerner, de comprendre certains de leurs choix. Et comprendre n’est pas cautionné. Une histoire maîtrisée de bout en bout suscitant un raz-de-marée d’émotions, facilitant l’entrée dans l’intrigue. Ca se lit comme on visualise un film. Et surtout on en redemande!


Et pour compléter cet avis, je vous mets en lien l’excellente interview de l’auteur qu’a réalisé Anaïs du blog Anaisseriallectrice. C’est juste ici!

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2 réflexions sur “L’empathie – Antoine Renand

  1. Ping : BookHaul Janvier 2019 – Un Livre Toujours

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