Nuit blanche – Nicolas Druart

L’année 2019 commence très bien entre coup de cœur et découverte d’auteurs français. Et en voilà de nouveau la preuve avec Nuit Blanche de Nicolas Druart. Une atmosphère angoissante, des faits bien plus que troublants qui de se déroulent au sein de ce petit hôpital perdu au milieu de nulle part, et me voilà complètement transcendée par ce livre. C’est le premier livre de l’auteur et il place déjà la barre bien haute.


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Editions Pocket / Les nouveaux auteurs

Pages : 448  

Prix : 7€90


Résumé :

Saint-Florentin-sur-Lot : trois mille deux cents habitants répartis dans un isthme, encerclés par le Lot ; un hôpital reclus dans les bois, à l’extrémité nord de la presqu’île. Et une tempête déferlante. Julie est interne dans le service de médecine et n’aspire qu’à une seule chose : une nuit de garde calme. Mais l’arrivée d’un nouveau patient vient bouleverser ses projets. Un homme plongé dans le coma, escorté par deux gendarmes, va perturber la quiétude du centre hospitalier. Aussitôt après son admission, les tragédies s’enchaînent…


Ce qui fait la base d’un huis clos selon moi, c’est l’ambiance dans laquelle se déroule l’intrigue et la façon dont elle évolue. Elle doit devenir de plus en plus oppressante, à vous en faire devenir parano parce que vous vous mettez à soupçonner tout le monde. Mais surtout, vous ressentez le besoin de connaître le fin mot de l’histoire pour évacuer tout ce stress accumulé au fil des pages.

Ici, Nicolas Druart a saisi toutes ces subtilités et nous offre une intrigue exceptionnelle (et je pèse mes mots). Il place son histoire dans un décor apocalyptique. En effet, une tempête du feu de Dieu a éclaté à Saint-Florentin-sur-Lot obligeant l’équipe médicale présente à rester sur place pour assurer la continuité des soins. Ce qui est loin de réjouir les infirmiers et aides-soignants présents, ainsi que l’interne de garde, Julie, qui elle appréhende de ne pouvoir repartir le lendemain. Surtout que l’hôpital accueille un patient dans le coma escorté par les gendarmes, de quoi en perturber plus d’un. D’autant qu’à peine le patient arrivé qu’il commence à se passer des catastrophes qui vont monter crescendo au fur et à mesure. Voyez un peu le tableau… et bien ça ne fait que commencer.

L’auteur insiste sur les éléments climatiques pour favoriser cette sensation d’oppression et d’isolement qui permet au lecteur de s’imprégner de cette atmosphère si particulière des huis clos. La nuit, l’orage, les coulées de boues, la pluie torrentielle amenant une montée des eaux impressionnantes… tout donne la sensation d’être seul au monde et d’être impuissant face aux évènements qui s’y déroulent dans cet hôpital de campagne.

Ici, on se centre également sur les différents protagonistes à savoir une équipe de soignants composée de deux infirmières et deux aides-soignantes ainsi que l’interne de garde. Et je peux dire que l’ambiance entre eux peut passer du calme plat à une tension plus que palpable avec risque d’explosion imminente haha. Cela ne fait qu’alourdir cette atmosphère déjà bien pesante. D’autant que la paranoïa est de mise par la présence de cet homme dans le coma, Archibald Tourmenteur.

[Et petit aparté, on pourrait penser que certains traits de caractères sont exagérés et qu’on ne rencontre pas ça au quotidien… et pourtant… il y a parfois de vrais peaux de vache dans ce métier ainsi que des soignants plus fragiles. ]

C’est dingue comme l’aura d’un personnage qui n’intervient pas physiquement parlant, parvient à influencer le comportement des gens alentours. Avec Archibald Tourmenteur c’est exactement ce qu’il se passe, il parvient à exacerber l’inquiétude des protagonistes, à les faire douter alors qu’il est dans le coma et donc aréactif. Par sa simple présence il insuffle un sentiment de peur et d’insécurité amplifié par ce qui se passe dans cet hôpital et qui a de quoi faire froid dans le dos. Le patient intervient ici et là, par sa présence et fait monter d’un cran le suspens qui est déjà à son summum.

C’est un suspens, une angoisse qui s’insinue peu à peu, au fil des pages, à en devenir insoutenable sur la fin. De plus, le silence qui y règne, interrompu seulement par des sonnettes, et le fait d’être coupé du monde extérieur ne fait qu’exacerber ces sentiments et c’est grisant.

Grisant, parce que l’auteur ne fait pas que jouer avec les nerfs des personnages mais aussi avec celui du lecteur.

J’ai rarement autant réfléchi, triturée les méninges pour démêler le vrai du faux. Je me suis mise à soupçonner tout le monde, à ne pas savoir à qui faire confiance dans ce lieu devenu isolé par la force des choses. D’autant plus, qu’en parallèle on en apprend plus sur Archibald et les autres protagonistes, ce qui amène à se poser toujours plus de questions. Chaque personnage est intriguant, est intéressant, est charismatique à sa manière.

Dans Nuit blanche, je n’ai pas vu le temps passé car cela se déroule sur une poignée d’heures et qu’il y a toujours un rebondissement qui relance ce huis clos, me prenant totalement aux tripes. Sans rire, je crois bien que c’est une des rares fois où j’ai eu la trouille d’aller dans mon arrière-cuisine pour aller prendre à boire par peur qu’il m’arrive quelque chose. La fiction a enrayé ma capacité à raisonner rationnellement haha. Et quand un livre me prend aux tripes comme ça alors ça ne peut être qu’un coup de cœur.

En bref,

Voilà un huis clos maîtrisé pour moi. Peur, angoisse, suspens vous accompagneront dans le premier thriller de Nicolas Druart. Un lieu oppressant, des personnages énigmatiques, une intrigue maîtrisé de bout en bout. Pas un seul ingrédient ne manque pour faire de moi une lectrice conquise. Alors allez-y, sautez le pas et pénétrez au sein de l’hôpital de Saint-Florentin-sur-Lot.

 

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