Blood Orange – Harriet Tyce

Un début intriguant, une intrigue oppressante, peu de personnages mais riche de leur prestance et de leur présence. Le tout entouré d’une ambiance pesante et inquiétante. Aujourd’hui je vous parle de Blood Orange de Harriet Tyce.


20190524_1629266502262152807042528.jpg

Editions Robert Laffont – La bête Noire
375 pages
Prix : 21€


Résumé :

Alison Wood est avocate pénaliste. À mesure que sa carrière décolle, sa vie familiale se dégrade : elle passe ses journées à plaider et ses soirées dans les bars pour décompresser. Patrick, un collègue avec qui elle entretient une liaison toxique, souffle le chaud et le froid et l’humilie tout autant qu’il se sert d’elle. Pourtant, Alison n’arrive pas à décrocher.
Quand Patrick lui confie sa première affaire de meurtre, elle se plonge dans l’histoire de sa cliente, Madeleine, qui a poignardé son conjoint d’une quinzaine de coups de couteau. Au fil de leurs entretiens, Madeleine se livre : son mari diluait la pilule contraceptive dans son thé, examinait toutes ses dépenses, prenait toutes les décisions…
Petit à petit, leurs deux vies se font écho. Qui contrôle qui ? Et si, avant de défendre les autres, Alison commençait par se défendre elle-même ?


Voilà ce que représente Blood Orange pour moi.

Un thriller domestique maîtrisé de bout en bout qui nous offre un très bon moment de lecture même si à plusieurs reprises j’ai eu besoin de reprendre mon souffle, histoire de décompresser un peu. Il ne s’y passe pas grand chose en terme d’actions, de turn over mais je dirais qu’ici ce qui prime, ce qui importe c’est l’atmosphère distillée ici et là. Une atmosphère qui ne fera que s’alourdir au fil des pages, à en devenir étouffante. D’où le besoin de respirer un grand coup entre les chapitres pour s’y replonger de plus belle.

Je dois vous avouer que j’appréhendais un peu cette lecture. Après avoir lu La fille du train de Paula Hawkins, je me suis un peu fâchée avec ce genre de thriller et en grande partie à cause des personnages qui y sont dépeints. Et au début… j’ai eu peur. Je revoyais vraiment le cliché de la fille totalement paumé qui ne fait que s’enlisait dans son bordel. Après tout cela fait aussi partie du code du thriller domestique, le personnage principal assez antipathique. Mais là où j’ai trouvé que le personnage principal de La fille du train était clairement trop antipathique pour moi, ici on s’attarde un peu moins sur le côté mélodramatique et pathétique de la personne.

Et puis, plus on avance dans la lecture et plus l’histoire donne au change.

Et petit à petit, je suis devenue esclave de cette lecture, à ne plus pouvoir m’en passer, à vouloir savoir ce qui allait se passer à tout prix.

Je ne sais pas si je peux réellement parler d’intrigue comme je l’entends c’est-à-dire avec une enquête, des témoins, un meurtre. Ici rien de tout cela. Je dirais qu’on entre dans une intrigue psychologique où Alison devra prendre du recul face à ce qui lui arrive et face à ceux qui l’entoure. Sont-ils bons ou mauvais pour elle ? Fait-elle les bons choix ? Et qui l’aidera à se sortir de ce bourbier dans lequel elle s’est enfoncée depuis quelques temps déjà?

C’est tout plein de petites questions que je me suis posée tout du long.

Surtout quand j’ai vu l’environnement dans lequel elle évoluait, les excès de stress ont fini par m’accompagner tout du long.

Et c’est pour ça que je dis que ce thriller domestique est à grande majorité psychologique. Tout se joue sur les émotions, sur l’environnement dans lequel évolue nos protagonistes. Et niveau émotions autant dire qu’on est servis. J’ai eu le palpitant qui s’accélérait à certains moments, pour diverses raisons et pour chacun des personnages.

Et c’est là que c’est fort. Ce n’est pas j’aime ou je déteste un personnage et basta. C’est une ambivalence de personnalités, des personnages qui font des erreurs comme vous et moi et qui de ce fait n’en sont que plus humains. Ce n’est pas le gros psychopathe de base qu’on peut croiser dans des thrillers bien corsés. Ici, c’est « juste » l’être humain avec ses failles et ses forces.

D’ailleurs j’ai trouvé que ce côté était bien exploité dans Blood Orange.

Comme je vous l’ai dit il va se découler pas mal de choses des actions d’Alison Wood et cela va impacter son entourage d’une façon ou d’une autre. Ainsi on voit les personnages se changer peu à peu, que ce soit en bien ou en moins bien. C’est troublant et pourtant ça n’a fait que renforcer mon engouement pour ce livre, déjà bien présent.

Et ces changements vont amener à un dénouement troublant, anxiogène et jouissif (oui oui je suis peut-être un peu psychopathe sur les bords ^^). Le dénouement se déroule sur plusieurs chapitres et n’est pas expédié comme une lettre à la poste. D’autant que jusqu’à la fin, le doute s’est instillé en moi, à savoir si cela allait être une fin à la hauteur de mes espérances. Surtout quand tout le reste est un plaisir à lire, à découvrir.

Et puis en plus du doute de savoir si la fin allait me satisfaire, c’est surtout le doute de comment ça allait se terminer pour Alison Wood, le personnage principal. Un tas de scénario s’est mis en place dans ma tête, j’hurlais en silence pour lui dire quoi faire, quoi dire… Quand l’envie de secouer un personnage est là, alors pour moi c’est une lecture réussie. Parce que j’entre en empathie avec ce personnage mais surtout que l’auteur a su susciter assez d’émotions en nous pour nous permettre de nous sentir familier avec les protagonistes.

La fin est bien amenée, preuve du sourire qui est resté accroché à mon visage à la dernière ligne. C’est audacieux, judicieux et clos cette intrigue de façon complètement satisfaisante.

En bref,

Voilà un thriller domestique qui dépote sévère! Les personnages et l’ambiance y sont pour beaucoup sur mon ressenti final. C’est un flot d’émotions qui se déversent au fur et à mesure que l’on tourne les pages. Vous aimerez détester certains personnages, vous aurez envie de secouer d’autres. Au final aucun ne vous laissera indifférent. L’intrigue est bien construite, de sorte que l’on oscille entre doute et certitude. Mais la vérité n’est jamais bien loin, le dénouement vous le dira. Plus qu’une chose à faire, vous le procurer à votre tour =).

Une réflexion sur “Blood Orange – Harriet Tyce

  1. Ping : Bilan mai 2019 – Un Livre Toujours

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s